Laurent Alexandre

Conférence TEDx 2012

TRANSHUMANISME

L’homme réparé ou l’Homme augmenté?

Quelle est la différence entre des lunettes correctives et des lentilles perfectionnant la vue ? L’une répare une vue diminuée, l’autre augmente une vue normale pour l’être humain.

Les « lois de Moore » postulent en 1965 que l’évolution de la puissance des ordinateurs et la complexité du matériel informatique va doubler tous les ans. Cette prédiction s’est avérée vraie : entre 1971 et 2001, les machines électroniques sont devenues de moins en moins coûteuses et de plus en plus puissantes.
L’avancée des technosciences montre que la loi Moore tendrait à s’appliquer aussi à l’humain. Ces avancées vont toutes dans le sens d’un Homme amélioré, équipé pour ses compétences normales. L’amélioration peut être temporaire (dispositif externe) ou définitive (manipulation génétique).
La GPA, par exemple, participe déjà de cette logique puisqu’elle utilise la technique pour procurer un enfant à un célibataire ou à deux hommes dans un couple.


« Par ses thèmes principaux, la maîtrise et la manipulation de la matière, la transformation de l’homme, l’héroïsation du scientifique, l’immortalité, le grand récit de la convergence NBIC apparaît comme l’expression moderne d’un défi démiurgique que l’homme est invité à relever, devenant lui-même l’acteur d’une nouvelle religion : la religion de la technologie. »
Stéphanie CHIFFLET, citéé dans Technocorps, ce rapport NBIC


Homme ou machine, tracer la limite

Au fur et à mesure des avancées technologiques, les hommes sont déchargés de plus en en plus de tâches par des machines toujours plus performantes. L’intelligence artificielle progresse très rapidement. Quelles limites poser ?

Il serait tellement plus simple de considérer la GPA seulement à l’aune de la souffrance des parents d’intention. Il serait tellement plus simple de voir la GPA uniquement comme un progrès technique venant soulager une immense souffrance, celle de ne pas pouvoir avoir d’enfants.
La fusion entre l’intelligence artificielle et le matériel neuronal n’est plus une science-fiction.
Le nombre de problèmes éthiques et juridiques posés par ces nouvelles technologies sont innombrables : qui sera jugé responsable d’accidents impliquant des voitures connectées ? Comment les voitures intelligentes choisiront-elles l’accident le moins grave ? Si les éléments technologiques d’un humain sont victimes de piratage, qui sera jugé responsable ? Veut-on devenir humain ou devenir trans-humain ?




L’Homme augmenté accélèrera-t-il la venue d’une humanité diminuée ?

Au-delà des évidentes questions éthiques et juridiques que posent ces avancées technologiques, se pose la question de leur accessibilité et de leur distribution.

La logique d’amélioration de l’humain par la technologie creusera, de façon inexorable, la fracture numérique. Il est fort probable alors que l’émergence d’un homme augmenté laisse de côté une part de l’humanité, trop pauvre pour utiliser les mêmes techniques.
Le risque est donc d’avoir une humanité à deux vitesses : une augmentée qui laisserait petit à petit le contrôle aux ordinateurs et autres algorithmes et l’autre, trop pauvre pour s’augmenter, dépossédée de son humanité jugée trop faible.
Alerter sur les dangers du transhumanisme, n’est pas condamner à priori toutes les avancées de la recherche. C’est, bien au contraire, appeler de ses vœux des avancées technologiques qui auraient à cœur de réfléchir à la question suivante :
L’avenir de l’humanité est-il de programmer ou d’être programmée ?

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