Manuel Valls

La croix 3 octobre 2016

MÈRES PORTEUSES

Qu'est ce que la GPA ?

La Gestation Pour Autrui, GPA, est une technique utilisée par un couple qui ne peut pas ou ne veut pas porter un enfant.


Une tierce personne, la mère porteuse, porte alors l’enfant pendant les 9 mois de grossesse et leur livre l’enfant à la naissance.
La GPA consiste en un accord, le plus souvent un contrat commercial passé entre les parents d’intention, la mère porteuse et, selon les cas, une agence.




Une pratique généreuse ?

Il serait tellement plus simple de voir la GPA comme « un acte généreux » pour les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant…


Il serait tellement plus simple de considérer la GPA seulement à l’aune de la souffrance des parents d’intention. Il serait tellement plus simple de voir la GPA uniquement comme un progrès technique venant soulager une immense souffrance, celle de ne pas pouvoir avoir d’enfants.
Ce serait évidemment plus simple d’oublier que la « générosité » d’une GPA oblige à instrumentaliser une femme, d’oublier que la GPA est l’abandon d’un bébé à la naissance et de ne pas parler de l’immense marché très lucratif de l’infertilité dont la GPA est le fer de lance.
Gratuite, éthique ou commerciale, la GPA repose sur le même principe, celle de l’exploitation d’une femme. Elle est donc, dans tous les cas, contraire aux droits de l’Homme.




Il n’y a rien d’éthique à considérer les mères porteuses comme des « corps d’appoint » disponibles pour assouvir les désirs des parents d’intention.

Et les enfants dans tout ça ?

Première victime de la GPA, la femme n’en est malheureusement pas la seule, c’est l’enfant qui trinque, au final.


Effectivement, au bout de la chaîne, c’est l’enfant issu de cette pratique qui est l’ultime victime notamment par l’éclatement de sa filiation : mère porteuse, donneuse d’ovocyte... Pourra-t-il s’accepter comme le produit d’un accord passé entre le couple de ses parents d’intention et sa mère ? Pourra-t-il s’accepter comme un produit fini, livré conformément au contrat passé entre les différentes parties, produit issu des biotechnologies ?


Des fantômes de la République ?

Bien qu’interdite, certains Français contournent la loi et vont pratiquer des GPA à l’étranger. A leur retour, ils réclament l’inscription de l’enfant rapporté à l’état-civil français : ces enfants seraient en effet des « petits fantômes de la République ».


Or, la transcription automatique des actes étrangers équivaut à reconnaître la GPA en France.
Et nous ne sommes pas les seuls à le dire :
« Le gouvernement exclut totalement d’autoriser la transcription automatique des actes étrangers, car cela équivaudrait à accepter et normaliser la GPA. J’ajoute qu’il est incohérent de désigner comme parents des personnes ayant eu recours à une technique clairement prohibée…tout en affirmant qu’ils sont responsables de l’éducation des enfants, c’est-à-dire chargés de la transmissions de nos droits et de nos devoirs.
Il ne faut pas laisser dire non plus que ces enfants sont sans filiation ni identité. Ils ont une filiation et une identité, mais établies à l’étranger. »
Manuel Valls, La Croix, 3 octobre 2014
De même, l’article 21-12 du Code Civil prévoit que la nationalité française puisse être demandée pour un enfant né à l’étranger au bout de 5 ans de résidence continue en France. La circulaire Taubira du 30 janvier 2013 est donc inutile et aberrante.
Au final, ces questions de nationalité et d’état civil ne visent qu’à retirer à la France les moyens de lutter contre la GPA.

La GPA ne peut être encadrée que par une seule mesure : son abolition.

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