Pour ne pas choisir sur un coup de dé

06-04-2017

A dix sept jours du 1er tour et deux jours après le grand débat entre les 11 candidats, qui ne connaîtra pas de second épisode, 40% de l’électorat déclare ne pas avoir choisi de manière ferme et définitive le ou la candidat(e) pour lequel il votera. Il convient donc maintenant d’aider ces indécis et de proposer aux 60% qui sont sûrs de leur choix une méthode pour choisir et pour s’assurer de faire le « bon choix ». Pourquoi maintenant alors que la campagne n’est pas finie ? Pourquoi une méthode ?

Maintenant, parce que nous connaissons, ou non, les candidats – personnalité, expériences, style, vie privée, vie publique -, leurs programmes, leurs soutiens. Dans tous les cas, 17 jours avant le scrutin, nous pouvons considérer que nous en savons assez ; et si ce n’était pas le cas, il sera encore temps de changer d’ici le 23 avril.

Maintenant, parce qu’il faut trier, faire la part des choses, parce que la campagne présidentielle de 2017 est un grand barnum - avec dompteurs, trapézistes et clowns - qui broie des hommes et des femmes, des idées et des militants, des médias et des twittos, un pays et ses habitants qui ne pensent qu’à ça, qui ne parlent que de ça.

Une foire des passions où tout est permis : les promesses, les mensonges, les oublis, les diversions, les attaques ad hominem, les trahisons, les ralliements, les abandons.

Un tribunal inquisitorial composé de 66 millions de juges chargés de combattre les hérétiques coupables de ne pas respecter leurs dogmes. Dans la journée, ces 66 millions sont des voyeurs armés de leurs téléphones portables qui enregistrent, photographient, filment tous les gestes et paroles des candidats. La nuit, ils se transforment en inspecteurs, et cherchent sur la toile les images des déclarations passées de leurs présumés coupables, et s’empressent de partager leurs découvertes en criant : « regardez et écoutez ce qu’ils disaient ! ». Tout le contraire naturellement de ce que les candidats ont déclaré le jour.

Nous proposons une méthode parce que le choix du prochain chef de l’Etat ne doit pas se résumer à un vote obéissant à une injonction, un vote subi ou par défaut. Sans demander à l’électeur un vote de conviction, nous pensons que le vote par élimination n’est pas la panacée. Nous ne demandons pas un vote animé par la passion, mais simplement par la raison, même s’il est préférable de ressentir un certain élan, au moins celui provoqué par l’exercice de ce droit, de cette liberté qui reste à protéger, à reconquérir à chaque élection.

Nous proposons une méthode pour prendre du recul, pour trier le bon grain de l’ivraie entre les programmes des candidats et l’image que les médias et les réseaux sociaux en donnent. Puis, se donner les deux prochaines semaines pour affiner son choix, le passer à la paille de fer, et le réviser, le cas échéant.

Nous pouvons prendre cette décision en trois étapes :

La première est de s’appuyer sur la raison, base de notre démarche. Pour prendre cette décision, nous devons peser les motivations. Quels sont les arguments « pour » et « contre » ? Il est possible ici de dresser de façon tout à fait rationnelle la liste des avantages et des inconvénients des programmes de chaque candidat à propos des thématiques qu’aura a traité le prochain président de la République : affaires étrangères, Europe, défense, sécurité, terrorisme, économie, emploi, endettement, famille, culture, religion, identité, santé. Vous trouverez sur le site boomerang2017.fr un résumé du programme de chaque candidat.

La seconde étape consiste à faire la liste de nos sentiments. L’un ou l’autre des candidats éveille certains sentiments, obscurs ou clairs, pénibles ou lumineux. Lorsque la décision possible enveloppe tout d’un éclat, il faut être prudent, ne pas se laisser séduire, et se laisser tromper. En revanche, si le choix suscite la sérénité, la probabilité est grande qu’il s’agisse de la bonne décision.

Enfin, outre la raison et les sentiments, il existe parfois une troisième possibilité : l’intuition. Tout à coup, quelque chose devient clair pour soi, vous savez immédiatement et à coup sûr ce qui est bon pour vous, et en l’occurrence ici pour la France. Là également il faut être prudent. Ce qui à première vue apparaît bon ne s’avère pas forcément bon à long terme.

Dans cette campagne présidentielle si particulière, marquée par les affaires qui ont confisquées pendant de longues semaines le débat et continue de le polluer quotidiennement, voilà une méthode qui doit permettre de reconsidérer chaque candidat à l’aune de son programme, de ses œuvres et de sa personnalité.

Une méthode qui doit nous permettre de ne pas choisir le prochain président de la République sur un coup de dé, c'est-à-dire au hasard.

Sabinius.

Derniers Billets

Laisser son mail pour être informé