Le jour où chaque Français est républicain, et monarchiste

19-04-2017

La campagne présidentielle 2017 restera dans les annales comme la campagne que les Français auront aimé détester. Regardons.

Malgré les affaires, malgré le « misérable petit tas de secrets » des candidats qui ont été révélés. Malgré les débats tronqués, dérobés, enterrés. Malgré le terrorisme, la peur, la guerre aux frontières de l’Europe. Malgré les trahisons, les chantages, les écœurements. Malgré les déceptions, les injonctions, l’overdose Macron.

Malgré tout cela, les Français se sont passionnés pour cette élection.

Les sondages ont scandé les journées. La mesure du « bruit » des candidatures sur Internet et les réseaux sociaux ont été scrutés comme le niveau de la marée.

Le Moloch médiatique a été nourri et a nourri les électeurs. Les émissions politiques ont tenu en haleine le pays. Les débats électoraux ont drainé des millions de téléspectateurs et d’auditeurs.

La toile s’est enflammée. Les vidéos programmatiques visionnées des millions de fois. Les réseaux sociaux ont fait office de « salons » des candidats : tout le monde a été invité. Des bons mots prononcés, des formules chocs répétées, moquées, attaquées.

La guerre des tweets a bien eu lieu. Ils sont des flèches d’amour, ou des javelots de haine.

Les partis ont été adulés pendant les primaires, puis détestés. Les meetings ont été bondés, des fan zones organisées. Des hologrammes déployés pour rassasier.

Les programmes ont été attendus, réclamés, disséqués, un peu, beaucoup, à la folie. Puis oubliés. Parce que c’est l’homme, la femme qu’ils voulaient rencontrer, entendre, croire.

On disait « Dieu ? Non. », on répétait laïcité. Et pourtant tous les candidats en ont parlé. L’un d’eux révolutionnaire, athée, arborait un brin d’olivier le jour des Rameaux. Un autre est moqué pour son attitude de « télévangeliste », quand un troisième se dit « chrétien ».

On dit que les catholiques feront l’élection.

On dit que les indécis n’ont jamais été aussi nombreux, que l’abstention va atteindre des sommets, montrant la désapprobation du corps électoral, son dégoût. Et pourtant.

Les Français restent animés par la ferveur politique. Aujourd’hui, ils l’aiment tant qu’ils placent 4 candidats au pied du podium. 4 histoires, 4 programmes, 4 visions. Mais toujours, une ardeur : la France.

Dimanche prochain, ils iront voter pour celui ou celle qui sera le successeur de Saint-Louis, Louis XIV, Napoléon et le général de Gaulle. Et c’est bien le jour – l’unique ? - ce 1er tour de l’élection présidentielle, où les Français sont tous réconciliés. Le jour où l’espoir habite l’esprit et le cœur de chacun d’eux de voir son champion l’emporter pour le bonheur de tous. Le jour où chacun est républicain, et monarchiste.

Après, au 2d tour, c’est une autre histoire qui recommence, frappée au sceau de la division.

Cependant, malgré tout, cette « drôle de campagne » marque une nouvelle fois le triomphe de la politique en France. C’est une bonne nouvelle : les Français sont peut être mélancoliques, mais ils sont toujours vivants.

Sabinius.


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