La droite, plus encore que jamais ?

09-06-2017

Depuis la victoire à la présidentielle d’Emmanuel Macron il y a un mois, nous vivons dans une atmosphère politique singulière.

Le gouvernement est transparent, les ministres invisibles et aphones. Les réformes sont annoncées par pointillisme. Tout est sous contrôle. Les deux (ex-)partis « de gouvernement » sont genoux à terre, inaudibles et désorientés ; le parti socialiste est même d’ores et déjà un grand cadavre à la renverse. Les Français sont dans un état de béatitude qu’ils n’avaient pas connu depuis longtemps. C’est l’état de grâce du président de la République.

Le relativisme y domine. Emmanuel Macron se disant ni de droite, ni de gauche, ni du centre, il n’y a plus de doctrines politiques, toutes se valent, sauf celles qu’il désigne « extrêmes ». Du coup, toutes les alliances sont possibles. Et il le prouve : son gouvernement comme La République en marche sont des attrape-tout politiques. Ministres de son gouvernement et candidats aux législatives viennent de tous les bords politiques, quand ce n’est pas d’une terra incognita, vierge de tout soupçon, la société civile. Nous sommes en l’an I de l’ère macronienne.

Pourtant, à droite les dés ne sont pas jetés. Les projections électorales aux législatives donnent entre 100 et 165 siège aux Républicains, contre une quinzaine pour le Front national. Qu’est-ce que cela signifie ? Quel peut être, en l’occurrence, l’avenir des Républicains ?

Si Les Républicains arrivent à avoir un groupe significatif, c'est-à-dire de plus de 100 députés, ils auront sauvé les meubles, alors que le rouleau compresseur macronien n’aura probablement rien laissé sur son passage, favorisé par le scrutin électoral, où « même une chèvre pourrait se faire élire » à l’assemblée nationale.

Cela signifie que Les Républicains seront la principale force d’opposition. Ceci est lourd de conséquences. Parce qu’après le temps de félicité, viendra le temps où il y aura à nouveau une opposition. C’est plus qu’une nécessité en démocratie, c’est une condition sine qua non de la démocratie.

Après les législatives, nous entrerons dans le dur. Ce sera le temps du retour à la réalité.

A droite, une opération de clarification aura probablement lieu. Les Républicains se scinderont en deux : ceux qui soutiendront le gouvernement et ceux qui s’opposeront. Mais dans tous les cas, il y aura trois droites : les libéraux (Juppé + Le Maire + Bayrou), les gaullistes (Wauquiez) et les souverainistes (Front national + Debout La France),

Ainsi la droite sera partout : au gouvernement et à l’assemblée, soit en supplétif (les « constructivistes » libéraux), soit dans l’opposition. Dans tous les cas, la droite n’aura pas disparu. Au contraire, si elle arrive à être habile, elle irriguera le champ politique de ses idées.

Naturellement tout dépendra du résultat des législatives et de la capacité des leaders de chacune de ces tendances à s’imposer. Ce qui est encore loin d’être gagné.

Ainsi, paradoxalement, alors que tout laisse penser aujourd’hui que la droite va s’abîmer dans les divisions et les querelles personnelles, la reconfiguration du paysage politique peut être une opportunité pour celle-ci, une opportunité de clarification sur le plan doctrinal qui pourrait devenir une voie alternative politique.

A gauche, c’est autre chose : le parti socialiste étant en mort, il est remplacé par La République en marche et La France insoumise à l’extrême gauche.

Sabinius.

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