L’éducation sexuelle, enjeu de société, enjeu de campagne

21-02-2017

L’éducation affective et sexuelle est d’abord de la responsabilité des parents comme éducateurs de leurs enfants. D’abord parce que, tout naturellement, l’apprentissage du respect de l’autre, de l’amour, du don, se fait avant tout en famille, comme celui de l’amitié se fait évidemment avec l’entourage amical, y compris à l’école. En ce qui concerne l’amour, il est de la responsabilité des parents d’en parler suffisamment tôt – quand cela ne gêne pas encore l’enfant, en saisissant les occasions, en ayant les mots adaptés à chaque âge.

L’Education nationale peut néanmoins avoir un rôle complémentaire, en particulier à l’adolescence où un intervenant extérieur peut être entendu plus facilement : celui-ci peut éviter que le jeune n’ailler chercher des informations n’importe où, n’importe comment. Mais là aussi, la délicatesse, le respect, dans les mots comme dans les images, sont de mise, ce qui n’empêche absolument pas d’être explicite dans ses réponses… Oui, « ses réponses »… car contrairement à ce que fait l’Education nationale aujourd’hui, il ne s’agit pas d’imposer les vues d’adultes expérimentés aux adolescents, de leur en dire et faire voir beaucoup plus qu’ils ne le demandent, de casser le rêve et l’attente, de tout démystifier : l’essentiel est de répondre à ce qui les préoccupe, aux idées fausses qui circulent et les inquiètent, etc. Et puisque le respect des jeunes est impératif, laissons-les poser leurs questions de manière anonyme, par exemple par écrit : ils seront à la fois beaucoup moins embarrassés et beaucoup plus libres.

Le ministère de l’Education nationale émet donc des directives et conseille des outils aux enseignants. Ces directives, le site Internet – www. http://ecoleetsexe.fr/ - les as recensées, lues et analysées.

On y retrouve l’idéologie socialiste qui veut « agir dès le plus jeune âge » en « [arrachant] l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social, intellectuel », c’est-à-dire avec une grande violence à leur égard.

Le ministère de l’Education nationale s’appuie notamment sur les recommandations de l’organisation mondiale de la santé (OMS) dont l’objectif officiel est la prévention des maladies sexuellement transmissibles… mais on s’interroge sur l’objectif réel à la lecture de ces documents.

Des relations humaines, de la personne, de l’amour, de la fragilité des cœurs, de la tendresse, du désir et de l’attente, de la conquête, de la fidélité, de l’esprit, il n’est quasiment jamais question. L’élève est réduit à son corps, à une mécanique, avec mode d’emploi et techniques. Seule concession à l’esprit : le consentement du « partenaire » doit être acquis.

Ainsi, l’examen des supports utilisés par les enseignants à destination des élèves révèlent des contenus écrits et visuels incriminables. Ils portent atteinte à la pudeur, à l’intimité, au respect des enfants et des jeunes.

Cette « éducation sexuelle » est marquée du sceau du relativisme : tout se vaut, tout est indifférent, tout est possible, à commencer par la multiplicité de partenaires, simultanément ou successivement : « la sexualité, c’est un plaisir seul ou à plusieurs personnes » dit-on aux collégiens. Souhaite-t-on vraiment que les enfants, à 12 ou 13 ans, fassent l’amour avec 2 ou 3 autres partenaires ? C’est vraiment cela « faire l’amour » ?

Cette prétendue éducation sexuelle est en réalité une incitation à la débauche : kamasoutra, apprentissage de la masturbation, sex toys, porno, etc. Le site Internet recommandé par la rue de Grenelle www.onsexprime.fr est un modèle du genre. Rien n’est oublié, tout y passe. Les adultes eux-mêmes en découvrent.

Pourtant ils sont jeunes, très jeunes. Cet enseignement n’est rien d’autre qu’un viol des consciences.

Il n’est pas étonnant, dans ce contexte, que les élèves soient perturbés dans leur scolarité et que les problèmes de comportement se multiplient comme l’a montré l’actualité. En 2015, un scandale éclate à Paris, des élèves de 6e du lycée Montaigne passent en conseil de discipline pour s'être livrés à des attouchements sur des filles après avoir regardé des vidéos pornographiques. Certes, le lycée n’est pas responsable. Mais comment faire comprendre aux élèves que leur comportement est inacceptable alors qu’on les a incités à tout expérimenter ?

L’urgence est là : le passage en revue et la refonte de tous les programmes et supports scolaires et ce, dans toutes les disciplines, le sexe et son faux frère le genre ayant investi toutes les matières.

En toile de fond de l’éducation sexuelle, la pornographie, cancer de l’Internet. Si l’homme n’a pas attendu le XXIème siècle pour s’intéresser à la « chose », en revanche, l’accessibilité à la pornographie avec Internet est nouvelle. 100% des enfants ont vu de la pornographie à l’adolescence. Quant aux images visibles, elles sont souvent marquées par la violence, particulièrement à l’encontre des femmes. Et les adultes le savent, qui regardent les mêmes films que leurs enfants, mais ne veulent pas savoir que leurs enfants en regardent.

La sexologue Thérèse Hargot qui intervient en milieu scolaire dit que « l'affaire Montaigne n'est pas un fait isolé. La consommation de la pornographie est un véritable enjeu de santé publique. Il ne s'agit pas de pudibonderie ou de censure, il s'agit de protéger les mineurs. Combien d'abus faudra-t-il encore pour que les consciences se réveillent ? »

Ce réveil est peut être en train d’avoir lieu. Naturellement, pour qu’il soit recevable, il faut qu’il vienne de la « gauche morale », celle qui peut dire le bien et le mal. Ainsi Laurence Rossignol, ministre des Familles, déclare qu’ « elle veut interdire l’accès des sites pornos aux mineurs ». Cette déclaration est un marqueur, peut-être la prise de conscience que la pornographie n’est pas un art, mais une industrie prospère, stade ultime de l’ultralibéralisme, chosifiant la femme, chosifiant le sexe, manipulant les consciences.

Profitons de l’élection présidentielle pour interpeller les candidats sur ce sujet qui touche toutes les familles de France.

Signez la pétition http://ecoleetsexe.fr/appel-aux-candidats/.

Sabinius.

Derniers Billets

Laisser son mail pour être informé