Il est encore temps d’arrêter Mélenchon

10-04-2017

Des 4 candidats éligibles à l’Elysée, il est à 65 ans le plus âgé, devant François Fillon, 63 ans. Il est également un pur produit du système sur l’arc-en-ciel de gauche ayant appartenu à l’Organisation communiste internationaliste (OCI trotskiste) au parti de gauche (PG) en passant par le parti socialiste dont il a été membre 32 ans. Soutenu aujourd’hui par le parti communiste, il a siégé 23 ans au Sénat, et est élu depuis 8 ans au parlement européen. En 2012, déjà candidat à la présidentielle, il réunit 11% des voix au 1er tour. C’est un authentique apparatchik qui a l’habileté de faire crier par ses sympathisants contre les élus « Dégagez ! Dégagez ! » comme si nous vivions sous une dictature. 

Son diagnostic : « La Ve République est à bout de souffle […] un système pourri de l'intérieur par l'argent […] par une oligarchie et une caste (qui) sont aujourd'hui aux commandes d'une monarchie présidentielle ». C’est pourquoi il veut une VIème République « un régime parlementaire stable » où le gouvernement détient le pouvoir exécutif et est responsable devant le Parlement. Composé d'une Assemblée nationale élue à la proportionnelle et d'« une assemblée de l'intervention populaire et du long terme », cette dernière émettra un avis sur l'impact écologique et social des lois, et elle aura le pouvoir de procéder aux nominations. Les lobbyistes ne pourront plus entrer au Parlement. Le peuple pourra révoquer par référendum des élus en cours de mandat. Tout nouveau traité européen ou toute révision de la Constitution devra être soumis à référendum, qui pourra être d’« initiative populaire ».

Jean-Luc Mélenchon propose le remboursement de tous les soins à 100 % par la sécurité sociale, la retraite à 60 ans, un objectif « zéro sans-abri » à la fin du mandat, le recrutement de 10.000 fonctionnaires, l’instauration d'un « impôt universel » basé sur la nationalité pour lutter contre l'évasion fiscale, la taxation à 100 % des revenus supérieurs à 20 fois le revenu médian, l’abrogation de la loi Travail, l’augmentation du SMIC à 1.300 euros net, le passage aux 32 heures, l’interdiction des licenciements boursiers, l’obligation de l'Etat de fournir un travail d'intérêt général aux chômeurs, l’abandon de l'énergie nucléaire, l’instauration d'une « règle verte » interdisant de prélever dans la nature des ressources qu'elle ne pourra pas renouveler, la légalisation du cannabis, l’autorisation de la PMA sans condition, l’interdiction de la GPA, le droit à l’euthanasie, le droit de vote pour les étrangers aux élections locales, la sortie des traités européens et de l'Otan, la rupture des liens avec les Etats ou les organisations finançant le terrorisme.

Jean-Luc Mélenchon, c’est un verbe, un ton à la fois agressif, ironique, généreux ; c’est un style qui plaît ; il a envouté une partie des médias. C’est l’homme que l’on veut nous faire aimer dans cette campagne. Parti seul en 2016, on nous dit qu’il est en train de « remonter », qu’il sera peut être même sur l’une des deux plus hautes marches du podium le soir du 1er tour. Et seul, il l’est toujours, lui dont personne ne connaît les personnes avec lesquelles il gouvernera, en dehors des communistes…

Hier à Marseille, il organisait un meeting sur le vieux port. La foule crie « Mélenchon président », qui lui répond « je ne veux pas que mon nom soit un slogan ». Il joue les modestes. Il est habile. Il arbore un rameau d’olivier en ce dimanche des Rameaux : « Je suis le candidat de la paix […] Nous sommes l’aurore aux doigts de rose […] Il ne faut plus accepter les traités inégaux […] Il est temps de mettre un terme aux guerres […] Les guerres n’ont jamais cessé d’être une lutte pour accaparer les matières premières […] L’OTAN fauteur de guerre et de désordre […] (Donald Trump) chevalier blanc de leur cause pourrie […] L’intervention de Trump n’a aucun fondement et légitimité internationale […] Si vous voulez la paix, ne vous trompez pas de vote […] On prépare la paix en travaillant la paix ».

Il poursuit : « (Il faut) mettre l’écologie au poste de commande pour ouvrir la nouvelle ère, elle donne une logique de paix […] Se libérer de l’obsession du libre-échange […] Nous ne voulons plus de ces accords de libre-échange comme le TAFTA, le CETA, nous voulons un protectionnisme solidaire […] Il faut que soit mis un terme à cette caste dorée, de parasites incapables, inutiles […] Regardez-les, les nantis, les puissants, les importants, vous faire la leçon, vous appeler encore à faire des sacrifices, vous appelez à la flexibilité, la modernité, la compétitivité, et eux […] bons à rien […] Les riches en France vivent au-dessus de nos moyens […] Il faut permettre à chacun de vivre dignement, c'est-à-dire avec une paie qui le permette […] Ce sera fini d’accumuler sans limites, car accumuler sans limites est immoral […] Les revenus du capital seront taxés comme ceux du travail […] La vertu qui consiste à choisir toujours ce qui est bon pour tous plutôt que ce qui est bon pour chacun d’entre-soi. »

Jean-Luc Mélenchon lutte contre l’hégémonie libérale considérée comme un obstacle à l’émancipation. Il prend exemple sur les expériences latino-américaines, et spécialement celle du Venezuela conduite par l’ancien président Hugo Chavez et son successeur Nicolàs Maduro.

Jean-Luc Mélenchon a le droit d’être radical, de promettre des purges, parce qu’il est un chevalier blanc contre les nantis. Il peut être anti-européen, utiliser des formules xénophobes parce que c’est une réaction au libéralisme. Il peut dire que le consensus est illusoire, que le conflit social est la seule solution, parce qu’il considère qu’il existe des antagonismes indépassables dans la société. Il peut dire qu’il y a une « frontière entre eux (ses ennemis) et nous » parce qu’il est le « candidat de la paix ». Il a le droit d’avoir des ennemis, de désigner des boucs-émissaires à la vindicte publique parce qu’il déclare parler « au nom du peuple ».

Comme nous le voyons, Jean-Luc Mélenchon est la synthèse des extrémismes de gauche qui ont mis à feu et à sang et échoués dans tous les Etats de la planète où ils ont été au pouvoir ou le sont encore (pour information à toutes fins utiles, vendredi dernier, le principal leader de l'opposition au Venezuela, Henrique Capriles, a été déclaré inéligible pour quinze ans par le pouvoir chaviste). Ainsi, le candidat insoumis peut se permettre d’être un « réformiste révolutionnaire », un apparatchik du camp du bien contre le camp du mal. Il a le droit d’être un populiste, mais comme il est d’extrême gauche, c’est un bon populiste.

Jean-Luc Mélenchon souhaite casser la Vème République, pour mieux nous emmener vers les terres inconnues de la VIème République. Comme si cela était ce dont la France a besoin maintenant.

Jean-Luc Mélenchon est un prestidigitateur, une sorte de Beppe Grillo triste de la politique française, donneur de leçons, redresseur de torts. On dit que François Fillon veut faire une purge sans le dire. Dans tous les cas, Jean-Luc Mélenchon déclare bien qu’il purgera notre démocratie. Il est encore temps de l’arrêter.

Sabinius.

Derniers Billets

Laisser son mail pour être informé