Alerte démocratique à Paris !

08-06-2017

Panique sur les bords de la Seine : La République en marche risque de remporter les 2/3 des circonscriptions de la future assemblée nationale, soit 400 sièges. Quant aux autres, c'est-à-dire ce qu’on appelle – pour mémoire - l’opposition, ils n’auraient que les restes du festin électoral : 100 sièges pour Les Républicains, 25 pour le parti socialiste, 15 pour la France insoumise et 10 pour le Front national. Une misère. Quels sont les opportunités et les risques de cette future assemblée ? Que cela signifie-t-il ? Regardons.

Pour le chef de l’Etat, la première opportunité est de pouvoir faire voter les réformes qu’il a promises. C’est un vrai confort. Au lieu d’avoir à batailler pour tenir sa majorité et l’obliger à voter dans le sens qu’il souhaite, il pourra se concentrer sur le renouvellement de la vie politique française qu’il souhaite et sur la relance de l’Europe.

La seconde opportunité est d’avoir le temps d’asseoir fondations de son parti La République en marche. Fondé il y a un an, ces 400 députés vont être le fer de lance de ce nouveau parti où presque tout est à construire : sa doctrine, ses implantations locales, etc. L’absence d’une opposition forte au parlement lui laissera le temps et l’espace, en particulier au moment où le parti socialiste disparaît et Les Républicains luttent pour leur survie.

Des risques ? Naturellement, il y en a, et ils sont nombreux. A l’Assemblée, le premier risque est d’avoir des députés aux ordres, des députés « godillots » et ce, malgré toutes les promesses que cela n’arrivera pas. Inexpérimentés, devant tout à Emmanuel Macron, il sera difficile à ces derniers de s’opposer, au moins pendant le premier temps de la législature, le temps que des sous-groupes se forment à l’intérieur de la majorité présidentielle.

Le deuxième risque est qu’en l’absence de contre-pouvoir s’exprimant dans l’enceinte démocratique du palais Bourbon, c’est dans la rue que l’opposition s’exprime. Pour mémoire, près de la moitié des Français ont voté aux présidentielles pour des partis qui souhaitent renverser la table. Et ceux-ci sont peu sensibles au « cercle de la raison » d’Alain Minc. Cette figure géométrique expliquerait l’élection d’Emmanuel Macron par le ralliement de l’électorat et son alignement sur les dogmes d’une gestion publique vertueuse callée sur les critères de Maastricht, d’une Europe horizon ultime des peuples et du libéralisme comme nouvelle évangile.

Le troisième risque est la désillusion, que cette majorité parlementaire agisse comme les précédentes : mêmes comportements, absence de renouveau authentique, frondes donnant le sentiment d’une majorité brouillonne sans cohérence d’idées et de volontés.

Ainsi, cette nouvelle Assemblée, si elle s’affichait telle quelle avec une majorité écrasante, installerait-elle un nouveau grand parti de gouvernement, La République en marche, lequel fera se trouvera face aux restes d’un « vieux » grand parti de gouvernement, Les Républicains. C’est ce qui se dessine. Mais encore faut-il que ces derniers s’entendent entre eux pour être des opposants. Et ceci est loin d’être fait tant ils sont divisés entre ceux qui se présentent comme « constructivistes » et ceux qui veulent assumer une différence. Du pain béni pour le chef de l’Etat à qui il reste encore du temps avant de manger tout son pain blanc.

Sabinius.

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