A qui confier les clés de la maison commune ?

21-04-2017

Voilà, la campagne électorale s’achève par l’assassinat d’un policier revendiqué par l’Etat islamique sur les Champs-Elysées. Il n’y aura pas de paix provisoire avant le vote de dimanche.

Ce meurtre ajoute du chaos au chaos dans lequel notre pays est plongé depuis de nombreux mois. Il vient rappeler de manière sanglante que le thème de la sécurité, ses origines et ses ramifications, n’aura pas été débattu par les candidats à la hauteur de ce que les électeurs et les enjeux méritaient.

En effet, nous sommes en guerre contre l'islamisme, mais après ? Quels sont les « buts de guerre » comme l’écrivait H.G. Wells en 1940 ? Eh bien, peu des candidats proposent une vision sur ce sujet majeur qui englobe toute la société. On ne lutte pas contre un terrorisme dont ses auteurs sont des citoyens français qui nous haïssent par une simple politique du chiffre : plus de policiers, plus d’armes, plus de renseignements.

Ce thème du terrorisme illustre de manière sanglante cette « drôle » de campagne où l’économie, le budget, les remboursements de santé et les retraites auront été les thèmes centraux, éclipsant d'autres sujets majeurs : l’identité, la famille, la défense et la sécurité, les libertés.

« Maintenant que nous sommes suffisamment éclairés, que voyons-nous ? » écrit Robert Musil. Maintenant que nous connaissons le programme des 11 candidats, chaque électeur dispose d'à peine 48 heures pour réfléchir, discerner, répondre à l’ultime question : auquel d’entre-eux puis-je confier les clés de la maison commune, la maison France ?

Si presque tous se sont dits « antisystème », les candidats ne sont pas les mêmes, leurs programmes sont différents, leurs visions pour la France divergent entre continuité, rupture et révolution. Certains s’inscrivent dans des généalogies, reconnaissent une dette envers ceux qui nous ont précédés, revendiquent leur appartenance à une communauté qui les dépasse, acceptent comme un don les héritages qu’ils n’ont pas choisis et qui fondent leur identité. D’autres au contraire revendiquent de se délier, de choisir de ne pas avoir de racines, d’évoluer dans un monde où tout sera choisi par l’homme voulu et construit par lui, un monde dans lequel l’homme est « jeté » et doit survivre.

« La nation est le prolongement de la famille » écrit Chantal Delsol. C’est à l’aune de ce constat que nous devons comprendre les enjeux du vote. Et si nous avons déploré que les candidats n’aient pas assez débattu de la famille (18 millions de foyers tout de même !), nous devons avoir à l’esprit que la politique qui doit prévaloir est celle qui respecte les hommes et les femmes, leurs familles, celles qui mettent tout en œuvre pour le bien-être de ses membres et de ses descendants.

Nous devons donc être attentifs à choisir le candidat qui veillera à aider ce dont nous avons tous hérité, qui nous a été donné : la famille, le patrimoine de ceux qui n’ont rien. C’est un souci et un soin que doit avoir celui que nous choisirons. Pour la raison que la famille est la plus vieille organisation du monde, qui a survécu à tous les régimes, à toutes les idéologies, qu’elle est le rempart le plus solide contre tous les totalitarismes ; elle est le lieu de la transmission et de l’apprentissage de la liberté. Et n’en déplaise aux modernes, elle est le premier corps intermédiaire sur lequel les élus s’appuient, particulièrement en cette période de fort chômage.

Si le chef de l’Etat est une sentinelle, les électeurs doivent également veiller à ce que ce dernier soit capable de s’élever au-dessus des opinions publiques et d'agir avec courage et cohérence pour le bien commun.

Dimanche soir, nous saurons en qui les Français placent le plus d’espoir pour diriger notre pays et ils seront deux. Compte-tenu de l'atmosphère générale, selon les résultats du 1er tour, l’hystérisation du débat public est une possibilité. Il appartiendra alors à chaque Français de garder la raison quel que soit le nouveau théâtre politique.

Sabinius.

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