Le Figaro : Guillaume Tabard : «Premier sondage, première alerte pour Macron»

19-05-2017



CONTRE-POINT - Dans un concert quasi unanime de louanges, le tout premier sondage du quinquennat tombe comme une douche froide.

Une victoire haut la main contre Marine Le Pen. Un parcours inédit dans toute l'histoire de la République. Une recomposition déjà lancée à marche forcée de la vie politique qui laisse le PS sans voix et la droite dans l'embarras. Tous les ingrédients sont là pour faire des débuts de la présidence Macron une «success story». Dans un concert quasi unanime de louanges, le tout premier sondage du quinquennat tombe pourtant comme une douche froide. Ou à tout le moins comme un rappel aux réalités.

Selon le baromètre Elabe publié ce vendredi dans Les Échos, 45 % seulement des Français font confiance au nouveau président de la République. C'est bien moins que Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande lors de la même mesure du même institut. Plus surprenant encore: le nombre de mécontents dépasse déjà, d'un point, le nombre de satisfaits alors que, même pour Hollande ce croisement des courbes n'était pas intervenu avant plusieurs mois. Il faut attendre d'autres enquêtes. Le traditionnel baromètre Ifop paraîtra par exemple ce dimanche dans le JDD. Mais voilà Emmanuel Macron ne peut pas compter sur un état de grâce.

D'une certaine manière, le nouveau chef de l'État paie pour ses prédécesseurs. Chirac en 1995, Sarkozy en 2007, Hollande en 2012 avaient recueilli dans la foulée de leur victoire les dividendes d'une campagne conquérante et dynamique. Ils s'étaient installés à l'Élysée, portés - et porteurs - d'une espérance. «Avec lui, ça va changer vraiment», s'étaient dits à chaque fois une majorité de Français. L'absence de miracle les conduisait rapidement de l'espérance à la désillusion. Et le chemin était court de l'état de grâce à l'état de disgrâce.

En ne cédant pas à la «Macron mania», l'opinion veut cette fois se prémunir contre la gueule de bois des espérances déçues. Elle exprime une forme de lucidité collective et de défiance de principe à l'égard de toute mise en scène, fut-elle séduisante.

L'épopée spectaculaire d'Emmanuel Macron - trois ans seulement pour passer de l'anonymat à l'Élysée - n'efface pas non plus la réalité électorale. S'il a très largement battu Marine Le Pen, le nouveau chef de l'État doit garder en tête l'éclatement de la France en quatre blocs. Le 23 avril, il n'a obtenu «que» 24 % des voix. De tous les présidents élus, seul Jacques Chirac a obtenu un résultat plus faible.

Macron est incontestablement entré rapidement dans la fonction présidentielle. Mais il découvre que l'adhésion à ses premiers pas ne vaut pas validation de son action ou, pour l'instant, à son programme. L'enjeu pour lui n'est cependant pas sa cote de popularité. Seule compte pour l'instant l'obtention d'une majorité absolue. Et pour le coup, les premiers sondages sont encourageants. Car avec entre 27 % (OpinionWay) et 32 % (Harris interactive) d'intentions de vote, le président élu serait en mesure d'obtenir une majorité large à l'Assemblée. Lui qui veut introduire de la proportionnelle vérifierait alors tous les avantages du scrutin majoritaire.

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Par Guillaume Tabard Mis à jour le 18/05/2017 à 19h45 | Publié le 18/05/2017 à 19h43
http://premium.lefigaro.fr/politique/2017/05/18/01002-20170518ARTFIG00320-guillaume-tabard-premier-sondage-premiere-alerte-pour-macron.php



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